Les Commissions de suivi de site (CSS) sont obligatoires « pour un ou plusieurs établissements relevant du régime de l’Autorisation avec servitudes Seveso seuil haut, ainsi que pour tout centre collectif de stockage qui reçoit ou est destiné à recevoir des déchets non inertes », précise la direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (Dreal). Elles sont constituées de représentants de l’État, des collectivités territoriales, des riverains, des exploitants et des salariés. Les CSS « ont vocation à constituer un cadre d’échange et d’information sur les actions menées, sous le contrôle des pouvoirs publics, par les exploitants des installations classées, à suivre l’activité des Installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) concernées et à promouvoir l’information du public sur la protection des intérêts qui peuvent présenter des dangers ou des inconvénients soit pour la commodité du voisinage, soit pour la santé, la sécurité, la salubrité publiques, soit pour l’agriculture, soit pour la protection de la nature, de l’environnement et des paysages, soit pour l’utilisation rationnelle de l’énergie, soit pour la conservation des sites et des monuments ainsi que des éléments du patrimoine archéologique. »

La CSS Fos ouest a tenu sa réunion annuelle lundi 5 novembre à la Maison de la mer, en présence du sous-préfet, Jean-Marc Sénateur et du maire, René Raimondi, accompagné de l'adjoint à l'Urbanisme et au Cadre de vie, Philippe Troussier. Durant cinq heures et demi (!), les six industriels de la zone se sont succédé pour présenter : le rapport de leur activité, les modifications réalisées ou envisagées sur leurs installations et activités, leurs actions en terme de diminution des risques industriels et professionnels, le bilan des émissions dans l'air et dans l'eau par rapport aux critères réglementaires et les moyens mis en place pour les réduire, les rapports environnementaux, les incidents survenus et les procédures mises en place pour y faire face, les exercices de type Plan opérationnel d'intervention (POI) menés durant l'année, visant à tester les procédures d'urgence mises en place par les entreprises, les protocoles d'entraide existants entre celles-ci, l'entraînement du personnel mais aussi les tests de matériel, ainsi que leurs perspectives pour l'avenir.

Les services de l'État et notamment la Dreal (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement) ont de leur côté présenté les actions de surveillance et de contrôle effectuées et planifiées pour chacune des entreprises (contrôles et exercices inopinés ou programmés, instructions des études de danger et demandes d'autorisation d'exploiter...), les Plans particuliers d'intervention (PPI) élaborés ou mis à jour et prévoyant l'organisation des services publics et des secours pour intervenir en cas d'accident et, enfin, l'avancée de l'élaboration du Plan de prévention des risques technologiques (PPRT) « Fos Ouest ».

C'est ainsi que l'assistance a par exemple appris les résultats positifs du projet de recherche et développement mené par Elengy sur son terminal du Cavaou, où l'injection de biopolymère dans l'eau de mer pompée permet de faire baisser de 90% le chlore injecté. Reste à déterminer si les dirigeants du groupe décideront de passer du stade recherche et développement à l'exploitation industrielle, le biopolymère étant beaucoup plus coûteux que le chlore. Pour le savoir, rendez-vous l'année prochaine, lors de la prochaine CSS. Du côté de LyondellBasell, on affiche sa satisfaction devant l'absence cette année de grand torchage et le bon fonctionnement de la technologie pilote mise en œuvre pour limiter les émissions de poussières. Chez Air Liquide, on est revenu sur l'incendie survenu le 8 décembre, classé « incident potentiellement grave », qui n'a heureusement fait aucune victime, est resté confiné dans l'enceinte de l'établissement et n'a entraîné qu'un faible impact environnemental - la fumée causée par la combustion d'une bâche.

« Cet outil [la CSS] est important pour suivre l'activité des usines et échanger en direct », a commenté sur sa page Facebook le maire, René Raimondi, à l'issue de la réunion.

Pour en savoir plus, Les Commissions de suivi de site sur le site de la Ville.