lola pater fos vignette

Lors du week-end de l’Ascension, la Ville de Fos-sur-Mer a accueilli le tournage d’une scène du prochain film de Nadir Moknèche, Lola Pater. Un nouvel opus de ce réalisateur-conteur dont les films, loin de tout stéréotype, content de belles histoires remplies d’humanité. Tandis que le Festival s’ouvre à Cannes, le réalisateur Nadir Moknèche, accompagné de Fanny Ardant, Tewfik Jallab et Bruno Sanches, donne une conférence de presse sur son dernier long-métrage, Lola Pater, tourné en grande partie à l’ouest de l’étang de Berre, et plus particulièrement à Fos-sur-Mer.

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Le synopsis de Lola Pater est bref : « À la mort de sa mère, Zino décide de retrouver son père, Farid. Mais, il y a 25 ans, rompant avec tous ses liens familiaux, Farid est devenu Lola… ».

Le personnage de Lola, interprété par Fanny Ardant, est loin de tous les stéréotypes d’un transsexuel : « Lola est Lola, insiste Nadir Moknèche. Un personnage libre, qui choisit tout de sa vie, en la vivant pleinement ». Fanny Ardant, qui s’est saisie du rôle dès que Nadir lui a présenté le scénario, s’est inspirée de cette douce intention de raconter avant tout « une belle histoire », faite d’  « une belle humanité, toute en poésie » pour reprendre les mots de Bruno Sanches. « C’est toujours obscur pour moi de savoir pourquoi on aime quelque chose, confie Fanny Ardant. L’histoire, l’itinéraire de Lola m’ont aussitôt conquis. Cette liberté intrinsèque au personnage, qui se bat jusqu’à la fin pour avoir et conserver cette liberté… Lola est un beau personnage, au caractère chaleureux, expansif, flamboyant. Je l’ai pensé et joué en terme d’être humain, pas en tant que stéréotype ».

Nadir Moknèche est avant tout un conteur : « Je raconte seulement une histoire toute simple. Celle de la relation entre un père et un fils. Toute en émotions et avec subtilité. Il n’y a pas de jugement violent, seulement des sensations pour suivre au jour le jour ce qui se joue entre ces deux personnages ». Si le réalisateur espère faire bouger des lignes de certaines pensées cloisonnées, qui construisent les cadres des préjugés, ce qui l’habite est avant tout un questionnement humaniste : « Pourquoi est-on violent ? Pourquoi n’aime-t-on pas l’Autre ? Comment voir l’Être en l’Autre, au-delà de l’apparence ? Autant de questions qui m’intriguent, me hantent, m’habitent, auxquelles je réponds en racontant seulement une histoire… » Poète de l’image, conteur de l’humain, Nadir Moknèche se laisse habiter par la vie, par les rencontres qui nourrissent son inspiration. Comme le fleuve va à la mer, il est dans le mouvement, se laisse emporter par le souffle des jours… « Nadir s’inspire des sensations que lui renvoient chacun des acteurs, explique Tewfik Jallab, qui interprète le rôle du fils, Zino. Le scénario n’est pas figé, il y a des ajouts de textes au jour le jour ». Son choix de tourner à l’ouest de l’étang de Berre s’est décidé lors des repérages : « Je voyais Lola dans la lumière du Sud, dans un endroit isolé, caché quelque part. J’ai découvert l’étang de Berre, sa lumière, son intimité. Ce lieu est une vraie bénédiction, qui marque le lien à l’eau, à la Mer/mère… Il s’est imposé à moi pour y tourner Lola Pater. »

La Ville de Fos-sur-Mer a eu le plaisir de recevoir l’équipe de tournage de Lola Pater pendant le week-end de l’Ascension. Le bureau du maire a été transformé en office notarial, pour les besoins d’une scène. Vous découvrirez dans le prochain mensuel de la Ville les coulisses de ce tournage.