« Petit Carré aime s'amuser avec ses amis les Petits Ronds. Mais comment les rejoindre dans la grande maison ? La porte est ronde ! » Ainsi se résume la trame de l'album Jeunesse Quatre petits coins de rien du tout, signé par Jérôme Ruillier, prolifique auteur de plus d'une quinzaine d'ouvrages. À partir de ce petit livre, l'équipe de la Maison de quartier du Mazet a imaginé un atelier ludique, à l'intention d'une vingtaine d'enfants de 4 à 10 ans. Les animateurs ont confectionné des maisons, des carrés et des ronds en carton, puis invité les petits à réfléchir : comment faire rentrer un carré dans un rond ? Et les enfants de se torturer les méninges : et si on le découpait ? Et si on le pliait ? Mais non, impossible, pauvre Petit Carré, ça lui ferait du mal ! Vous voudriez qu'on vous découpe ou qu'on vous plie ? Après les avoir laissés tenter de résoudre l'énigme, par petits groupes, c'est à ce moment que les animateurs leur font découvrir l'ouvrage, avec sa conclusion : ce n'est pas Petit Carré qu'il faut changer mais la porte de la maison ! « À partir de cette mise en situation, le but de cet atelier est de susciter une sensibilisation des enfants, explique Stéphanie Dritzas, la responsable de la Maison de quartier. Ils comprennent alors que c'est à nous tous de nous adapter aux personnes handicapées, non l'inverse. Que sinon, ces personnes se retrouvent exclues, comme Petit Carré qui ne peut aller jouer avec ses amis. Et la porte n'est pas qu'une porte : elle symbolise aussi les institutions, l'école... » À l'issue de l'atelier, les enfants sont invités à s'exprimer : qu'ont-ils ressenti en écoutant l'histoire, de la tristesse, de la colère ? Ils dessinent alors sur les ronds et les carrés un visage représentant l'émotion ressentie. « Cette conclusion de l'atelier est un prétexte pour susciter la prise de parole, pour que les enfants verbalisent leur point de vue sur le handicap », précise Stéphanie.

Que c'est malin, à l'aide de cette métaphore de Petit carré, de susciter l'identification chez les enfants pour parvenir à une prise de conscience ! La Semaine fosséenne du handicap aura ainsi fourmillé d'initiatives en ce sens : « Une ville pour tous », grâce au bien-vivre ensemble entre personnes handicapées et valides. Et dès le plus jeune âge !