Du plomb, deux furanes heptachlorés (famille des dioxines) et du benzène : tels sont les polluants liés à l’activité industrielle que l’on retrouve dans l’organisme de la population fosséenne en quantité plus importante que chez les habitants de Saint-Martin-de-Crau et Mouriès, zone témoin puisque proche de Fos mais à l’abri de la pollution de la Zone industrialo-portuaire (Zip). Sans dépassement toutefois des seuils sanitaires. Les résultats de l’étude Index, présentés lundi 28 mai à l’occasion d’une réunion publique au centre culturel Marcel-Pagnol, devant environ 200 personnes, viennent confirmer les conclusions de plusieurs études précédentes.

L’étude Index, réalisée par l’Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions (IECP), a été lancée en septembre 2016 auprès de 138 volontaires, 80 à Fos et 58 à Saint-Martin/Mouriès, qui ont accepté de fournir sang et urine aux fins d’analyse, ainsi que de répondre à un questionnaire sur leurs habitudes de vie. Étaient exclus de l’échantillon fumeurs, travailleurs de l’industrie, personnes travaillant en dehors de la Zip (pour l’échantillon fosséen) ainsi que femmes enceintes ou allaitantes, afin que la bio-imprégnation observée ne soit liée qu’au fait de vivre à Fos-sur-Mer. À quoi est due cette surexposition ? Pour les chercheurs de l’IECP, elle est « liée soit à l’inhalation, soit à certaines habitudes de vie. » En l’occurrence sont pointés le jardinage, qui fait inhaler des particules de sol contaminé, la consommation fréquente de légumes produits dans la zone exposée ainsi que de fruits de mer et poissons locaux. Pas question pour autant de renoncer à ces consommations, qui ne mettent pas la santé en danger, expliquent les chercheurs, mais de les modérer : pas plus de deux fois par semaine pour les produits de la mer par exemple.

 

« Pris polluant par polluant, les résultats ne montrent pas de dépassement des seuils réglementaires, rassure l’IECP. Mais il y a un mais : « Si les teneurs restent en dessous des seuils, la diversité chimique des polluants mesurés dans le cadre d’Index pose la question de l’effet cocktail (effet sanitaire résultant d’un cumul de polluants), dont les conséquences sont encore mal connues. Reste à investiguer la problématique de l’exposition physique due à la pollution aux particules ultrafines, auxquelles les populations riveraines de la zone sont surexposées et qui ne peut se doser dans l’organisme. La suite d’Index portera donc des études dites épidémiologiques, focalisant sur des pathologies spécifiques. »

 

« Ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas ! »

 « Nous voulons continuer à vivre sereinement à Fos, est intervenu le maire, René Raimondi, à la suite de la présentation des résultats. On se retrouve encore une fois ce soir pour discuter de pollution, mais on parle cette fois d’imprégnation humaine. Alors pourquoi faire ces études, me demandent souvent des journalistes, puisqu’il ne se passe rien ? Mais c’est justement parce qu’il ne se passe rien que nous continuons ! Pour dire à ceux qui ont la responsabilité de la police de l’environnement et de la santé publique qu’ils ne pourront pas dire, demain, qu’ils ne savaient pas ! » a tonné l’édile. Et de conclure : « Qu’est-ce qu’on va laisser à nos enfants ? C’est ça la grande question. »

Retrouvez la synthèse des résultats de l'étude Index.