Pays

BOLIVIE

Capitale

Sucre (la Paz)

Nombre d’hab

11,21 millions

Monnaie

Boliviano

Langue

Espagnol

Monument principal

Salr d’Uyini

Gastronomie

Aji de papa lisa

Sport National

Football

 

Il était en Bolivie un endroit que je voulais voir à tout prix, toutes les photos le mettant en scène étaient à la limite de l'irréel et je tenais absolument à en être témoin de mes propres yeux. Je parle bien sûr des fameux Salar d'Uyuni, ce désert de sel si vaste qu'il crée des illusions d'optique.

Alors que j'étais encore à San Pedro de Atacama je méditais sur les routes possibles pour m'y rendre. Il y avait au moins 3 chemins différents, de longueur et de difficulté variables. En m'aidant d'un des groupes whatsapp de cyclotouristes sur lequel je me trouvais, je décidai finalement de suivre la route des lagunes sur les conseils d'un homme qui l'avait emprunté il n'y avait pas si longtemps que ça et qui en chantait les louanges.

 

Cette route située dans le Sud Lipez en Bolivie culminait à 4000m de hauteur et elle suivait une série de lagunes à travers montagnes de la cordillière des Andes. C'était, à en croire cette description un chemin magnifique et une expérience à tenter absolument. Seul bémol, les pistes étaient semble-t-il en mauvais état même si mon compère cycliste assurait qu'il avait pu rouler 95% du temps !

C'était ainsi rassuré que je me lançais dans cette nouvelle expédition, prêt à passer Noël et le Nouvel An au milieu des montagnes. Cependant, la réalité me frappa bien rapidement au visage quand je découvris les fameuses pistes...

 

Pour commencer il fallut y monter sur cette fameuse route. 48 km de montée ininterrompue mais ça c'était la partie facile ! En effet, je découvrai assez vite que les pistes n'étaient pas seulement en mauvais état mais surtout constituées majoritairement de sable. Mes pneus n'étant pas assez larges, il m'était impossible de pédaler et je me retrouvai donc bien souvent à pousser mon vélo durant de longues heures. Quand le sable disparaissait c'était pour laisser place à des grosses pierres ou à de la tôle ce qui fait que je ne pouvais jamais aller très vite.

De plus, c'était également la première fois que je subissais le mal des montagnes. Faire autant d'efforts à cette altitude m'atteignait bien vite et les maux de tête arrivaient tout aussi rapidement. Heureusement, je finis par m'habituer à l'altitude et à de moins en moins ressentir les effets du mal des montagnes. En revanche la route restait désespérément difficile. J'eus toutefois le chance de rencontrer un expatrié français qui travaillait habituellement en Argentine mais qui passait ses vacances de fin d'année dans le coin. Il me fit donc gagner quelques km bienvenus et nous nous séparâmes un peu plus tard puisque je voulais découvrir le reste des paysages à vélo. 

 

Car oui ! Les paysages que je voyais étaient réellement à couper le souffle ! Des lagunes multicolores peuplées de flamants roses, des sommets de volcans, des geysers, des rochers sculptés par le vent ... la nature livrait ici un véritable spectacle et c'est bien ce qui me faisait tenir.

 

Une fois sorti de la route des lagunes je pensais que le calvaire était terminé mais en fait ma plus terrible galère m'attendait.

Pour atteindre Uyuni il me fallait encore faire plusieurs kilomètres et la route qui y menait me faisait prendre un énorme détour. Par "chance", il y avait un raccourci passant par des salins qui était disponible et je choisis donc de l'emprunter. Ce fut une de mes plus grosses erreurs en Bolivie !

 

La route, bien qu'épargnée par le sable, était calamiteuse et je devais appuyer des deux freins sans arrêt si je ne voulais pas tomber ce qui me fit perdre énormément de temps si je voulais éviter ce qui s'annonçait. En effet, cela faisait quelques jours que des nuages menaçants s'amoncelaient au-dessus de ma tête et jusqu'ici j'avais plutôt été chanceux sur les averses. Cette fois cependant les gouttes commencèrent à tomber alors que j'étais encore bien loin de l'abri que je visais. Quand le déluge commença réellement j'étais en plein dans les salins qui petit à petit se changèrent en bourbier boueux. Cette boue vint donc se loger dans tous les espaces disponibles de mon vélo et m'empêcha d'avancer plus loin.

J'étais donc coincé au milieu de ces salins, avec un vélo qui ne pouvait plus rouler. Pas d'autre choix que d'installer ma tente et espérer que la pluie ne dure pas...

Et j'eus bien de la chance car elle ne dura effectivement pas. En revanche elle avait rendu le sol très boueux et rouler dessus n'était pas une mince affaire. Parcourir les 20 km restants pour sortir de là me pris donc encore une bonne journée, pas trop mal pour un raccourci ! 

 

Épuisé, je choisis de prendre un bus une fois arrivé à San Juan afin de me rendre directement à Uyuni. Le trajet en bus me prouva que j'avais bien fait car même les routes nationales étaient en piteux état.

Quand j'arrivai enfin à Uyuni c'était pour découvrir une petite ville sans prétention perdue au milieu du désert. Le tour de la ville se faisait très rapidement mais le véritable intérêt se trouvait en dehors des murs de la ville ! J'optai pour une expédition proposée par mon auberge de jeunesse sur un jour. La journée devait couvrir quelques lieux d'intérêt puis finir sur le bouquet final, les salar. 

 

À bord d'un 4x4 nous vîmes donc un cimetière de trains, un village dédié au traitement du sel, un hôtel entièrement construit en sel à l'occasion d'un Paris-Dakar et pour finir les salar ! Et de prime abord je dois avouer que j'étais un peu déçu. Certes, le sel s'étendant à perte de vue était saisissant mais cela je l'avais déjà vu. Des gens s'amusaient ça et là à se prendre en photo en jouant sur la perspective mais cela s'arrêtait là... du moins c'est ce que je pensais car après une dernière montée en voiture nous arrivâmes à l'endroit que je désirais tant voir. Toujours ces étendues de sel immenses mais cette fois recouvertes par 2 à 3 cm d'eau et, se faisant, miroîtant le ciel et les nuages sur le sol. Le rendu était tout simplement époustouflant et aucune des photos que j'ai pu prendre ce jour-là ne pourrait y rendre justice. La halte durait à peu près une heure durant laquelle j'essayais d'immortaliser la scène aussi bien en photo que dans ma mémoire

 

J'avais maintenant vu tout ce que je voulais en Bolivie et il était temps désormais de quitter le pays, non pas en vélo mais en prenant de nouveau un bus. En effet, j'avais une nouvelle fois convenu avec ma famille de les retrouver pour quelques jours au Pérou et la date approchait à grand pas. De plus, la Bolivie venait se subir un coup d'état et si dans le sud du pays la situation était calme, les villes au nord semblaient un peu plus agitée et la prudence était de mise.

Je bouclai donc un trajet Uyuni -Cuzco avec une correspondance à La Paz et quittait finalement cet endroit à la fois magnifique et épuisant.