Si Reno Armanet, le fondateur du studio indépendant international Tigobo animation, est basé à Angoulême et passe la moitié de l’année aux États-Unis, où Hollywood lui fait les yeux doux, c’est bien de Fos-sur-Mer dont il est originaire. Aussi, la direction de l’Éducation de la ville a-t-elle imaginé de le faire venir dans le cadre de la Semaine fosséenne des Droits de l’Enfant, pour présenter des extraits de sa série documentaire À chaque problème, sa solution. Un éclairage international particulièrement approprié : le principe de ces films est en effet de recueillir les témoignages d’enfants des quatre coins du monde (Bamako, Ouagadougou, Arménie, Australie, Chicago, Colombie…), qui s’expriment sur leurs problèmes quotidiens puis imaginent des solutions, qu’ils restituent en petits films d’animation avec les moyens du bord : papier, carton, recyclage…

Le réalisateur était donc présent, en compagnie de Flavie Darchen, co-réalisatrice de la série, à la Maison des enfants hier après-midi, pour une projection-débat avec les enfants du centre aéré. Les petits fosséens ont ainsi pu découvrir par exemple que, pour les enfants du même âge qu’eux de Bamako, deux problèmes essentiels affectent leur vie au jour le jour : les commerçants n’ont pas de monnaie à leur rendre, si bien qu’ils ne peuvent s’acheter à manger avec les billets de banque que leur donnent leurs parents, et les automobilistes ne s’arrêtent jamais pour les laisser passer, ce qui les empêche de traverser la rue sans risquer de se faire renverser pour se rendre à l’école ! Et les accidents sont nombreux… Devant la caméra de Reno et Flavie, ils se sont donc adressés au président du Mali, pour lui demander de mettre plus de monnaie en circulation et d’affecter un policier devant l’école pour les faire traverser en sécurité. Les enfants fosséens étaient surpris, tant ces préoccupations sont éloignées des leurs... « Vous voyez quels sont les problèmes des enfants de Bamako ?, les a interrogés Reno. Je pense que cela va vous faire réfléchir… » Cette projection a ainsi constitué un réel enrichissement pédagogique, en relativisant ce que vivent nos petits « privilégiés » par rapport à la réalité d’autres pays du monde.