Lorsque débute le confinement de la population, Laurent Moreau, éleveur d'huîtes de Camargue, choisit tout d'abord d'interrompre son activité. « On n'a pas voulu risquer de "s'emboucaner" au magasin avec ce virus, explique-t-il. De toutes façons, personne ne venait. » C'est ainsi qu'il ferme son point de vente O' P'tit Ange des mers, situé sur le port de plaisance Claude-Rossi. Contraint de mettre au chômage partiel l'employée qui y servait les clients. « C'est compliqué, commente-t-il. Entre les gilets jaunes, les grèves contre la réforme des retraites, et maintenant le confinement... » Avec un effet aggravant concernant sa filière : « Dans toute la France, personne n'achète d'huîtres en ce moment ! » Pourtant, Laurent ne se résigne pas et décide, il y a une douzaine de jours, de proposer la livraison d'huîtres, moules et palourdes, les samedis et dimanches matin. « J'ai 450 clients qui ont une carte de fidélité, alors j'ai envoyé un texto à chacun pour les informer », précise l'ostréiculteur. Le bouche à oreilles fait le reste et ça marche bien : « Nous avons fait une quarantaine de livraisons la semaine dernière », précise-t-il. En cette période un brin morose pour nombre de Fosséens, il est vrai que s'offrir des huîtres permet d'agrémenter son quotidien confiné d'un plaisir festif.

 

Des huîtres plus charnues

 

Comment décrit-il ses huîtres ? « Depuis octobre 215, date de son  autorisation de consommation, j'élève la "Perle de Carteau" en pleine mer dans l'anse de Carteau, à Port-Saint-Louis-du-Rhône, et je fais naître une huître de Camargue charnue au goût exceptionnel de noisette, avec une forme arrondie et dentelée. Elle est agréable à déguster et facile d'ouverture. Elle passe au minimun 48 heures dans nos bassins d'eau purifiée pour assurer une excellente qualité sanitaire. Nos naissains (bébés huîtres) sont d'origine française et grandissent dans une eau très riche en nutriments, lui donnant ainsi son goût et son côté charnu. » Outre cette « Perle de Carteau », Laurent élève également la « Spéciale d'Axel », qui se caractérise par l'utilisation d'un procédé novateur : « Je recrée un cycle de marées en les sortant de l'eau 24 à 48 h puis en les replongeant. Quand elles sont dans la mer, elles s'alimentent pour "faire de la coquille". Mais quand on les sort puis les replonge, elles ne font plus de coquille mais de la chair. Elles sont ainsi plus charnues. » À goûter ! Laurent Moreau croit tellement en sa trouvaille qu'il s'est inscrit pour concourir au prochain Salon de l'agriculture de mars 2021 (si tout va bien d'ici là !) : « On va essayer d'avoir une médaille », ambitionne-t-il. Nos producteurs locaux ont de la ressource !

Pour commander : 06 41 29 57 25