C'est officiel depuis la fin de la semaine dernière : le ministère de la Santé donne son accord à la « mise en place d’un dispositif de surveillance pérenne du cancer pour le territoire de l’étang de Berre » et le département des Bouches-du-Rhône.

« Enfin ! », s'exclame Jean Hetsch, le maire de Fos, qui ne cache pas sa satisfaction : « C'est une grande avancée. Élus comme associations le réclamaient depuis des années et je m'étais encore personnellement mobilisé tout récemment pour faire voter, lors du conseil municipal du 11 février, une motion pour la mise en place d'un registre des cancers. »

« Le combat pour la santé publique figure dans la culture fosséenne grâce aux associations qui ont toujours été des lanceurs d'alertes efficaces et responsables, fédérant la population en permettant l'avènement de questionnements majeurs », débute le texte signé par les élus fosséens. « La Ville est partie prenante de cette démarche, considérant que le devoir des élus est d'être à l'avant-garde pour faire évoluer les usages et les mentalités. L'importance des installations ainsi que la variété et la dangerosité des process industriels dans le golfe de Fos posent de légitimes questions et, devant celles-ci, l'État ne peut plus se dérober. (...) Le conseil général de l'environnement et du développement durable a présenté à Istres le 26 juin dernier un rapport qui reconnaît officiellement le risque sanitaire lié à l'industrie sur notre territoire. Le moment est opportun pour aller plus loin dans la précision des études et dans le courage des positionnements. (...) Rappelons au passage qu'en France, le décompte des cas de cancer n'est effectué que pour 22% de la population, alors que la tendance en Europe est à une prise en compte accrue de cette question. Seuls 22 départements bénéficient donc de cette transparence de cette traçabilité et il n'est pas concevable que les autres, en particulier les Bouches-du-Rhône qui accueillent de nombreuses activités industrielles, soient plongés dans un silence inquiétant. Il est donc proposé au conseil municipal de voter une motion enjoignant Madame la ministre de la Santé de mettre en place en urgence un registre des cancers et des malformations congénitales sur l'ensemble du territoire national. »

« Notre mobilisation a payé et je suis heureux de voir qu'enfin, nous avons été entendus, conclut le maire. Ces données scientifiques, recueillies sous l'autorité de l'État via l'Agence régionale de santé, vont nous permettre de bénéficier d'un vrai état des lieux sanitaire et, le cas échéant, obliger les pouvoirs publics à prendre toutes mesures nécessaires pour protéger la santé des habitants de ce territoire et de l'ensemble du département. »