« Depuis cette rentrée scolaire toute particulière, marquée par la crise sanitaire et le plan Vigipirate placé au niveau urgence attentat, l’ensemble des représentants ACPE de la ville est mobilisé et débat sur les conditions d’accueil des enfants au sein des écoles, résume le président de l’Association des conseils de parents d’élèves de Fos-sur-Mer, Sylvain Pauchard. Un sujet sensible qui met en émoi tous les parents. » Les motifs de préoccupation sont en effet nombreux, à commencer par les conditions sanitaires : « On sait que les enfants ne sont pas forcément à risques, mais on ignore dans quelle mesure ils peuvent transmettre le virus, expose le président. Dans ces conditions, les protocoles sont-ils adaptés ? En en quoi jouent-ils sur le moral des enfants ? Ils sont par exemple séparés en groupes et ne peuvent plus côtoyer leurs copains ou leurs cousins d’autres groupes, ce qui génère des frustrations. Comment les enfants vivent-ils cette situation ? Ça fait partie de nos inquiétudes. »

 

La Ville s’adapte, parfois au jour le jour

Alors les représentants élus des parents d’élèves sont allés présenter leurs questionnements aussi bien à l’Éducation nationale, reçus par l’inspectrice d’académie, qu’à la mairie, où une délégation de 14 d’entre eux a rencontré le maire, Jean Hetsch, son Premier adjoint en charge de l’Éducation et des Affaires scolaires, Philippe Pomar, ainsi que deux techniciens de la direction municipale de l’Éducation. Du côté de la Ville, aussi bien les élus que les services municipaux ont souligné l’investissement des agents pour une mise en application la plus optimale possible des directives de l’Éducation nationale. « Nous sommes dans une organisation tricéphale dans laquelle le gouvernement édicte des lois et des protocoles, que l’Éducation nationale veille à appliquer, et la mairie subit ces décisions », a rappelé le maire. « Distanciation sociale, gestes barrières, masques… Cette année 2020 aura été particulièrement singulière pour nos écoliers, a récapitulé Philippe Pomar. Mais pour que ceux-ci retrouvent les bancs des écoles, les services ont dû s’adapter, parfois au jour le jour, aux divers protocoles mis en place. Tous les agents ont répondu présent, autant ceux du nettoyage que de l’animation, des sports que de la restauration. La municipalité avait pris le pari de rouvrir les écoles dès la fin du premier confinement, et de répondre à toutes les exigences des divers protocoles. Grâce à tous, ce pari est gagné, et les écoles reçoivent les jeunes fosséens dans des conditions optimales. » Sylvain Pauchard acquiesce : « Aussi bien l’inspectrice que la mairie nous ont tenu un discours rassurant », même si certaines questions restent en suspens, liées aux incertitudes de la gestion de la pandémie. Et parmi elles, celle du port des masques par les enfants.

Contre le masque pour les enfants !

L’ACPE a réalisé à ce sujet un sondage dont les résultats sont clairs : 80% des 348 parents d’élèves des écoles élémentaires interrogés sont contre et 20% pour. L’obligation du port du masque à partir de 6 ans étant bien une décision nationale, la Ville est évidemment obligée de l’appliquer. Néanmoins, comme le précise Mustapha Nadji, le directeur de l’Éducation, « L'équipe pédagogique reste bienveillante sur le port du masque et fait preuve de bon sens, afin que l'enfant puisse retirer le masque et ne pas le garder toute la journée : il y a l'augmentation des activités extérieures, le non port du masque en cas d'activités sportives ; si l'enfant a besoin de le retirer, on le laisse faire un certain temps avec une distance de sécurité vis-à-vis du groupe ». Et puisqu’il faut faire contre mauvaise fortune bon cœur et que les masques sont obligatoires, l'ACPE en a offert un début décembre à chacun des collégiens. « Je remercie notre section locale ACPE Malraux, Madame Nathalie Novier, principale du collège, et toute son équipe pour avoir coordonné cette distribution, tient à ajouter Sylvain Pauchard. Nous remercions aussi la pharmacie des Carabins pour nous avoir fait don de tous les masques (soit 1000 exemplaires). Une belle marque de solidarité en ces temps difficiles. »

La pharmacienne, Coralie Samat, l'explique avec simplicité et modestie : « Nous avions beaucoup de masques, alors nous avons voulu en faire profiter des associations. Nous en avons par exemple donnés à l'association des commerçants, Les Comptoirs fosséens. Pour les collégiens, nous nous sommes dits que ce serait sympa, quand on a un petit budget, de pouvoir disposer de masques en tissus réutilisables. » Même si la municipalité s'est chargée de fournir de son côté des masques aux familles en difficulté de la ville, le coup de pouce de la pharmacie est bien-sûr bienvenu. « Nous sommes des acteurs de la santé, alors nous essayions de travailler sur la prévention», conclut Coralie Samat.