Entre Binjamin Gomis et Fos-sur-Mer, c'est une belle histoire d'amour. Ce peintre en bâtiment sénégalais âgé de 45 ans, éducateur sportif de formation (il possède son école de football), vit à Hann-Bel Air, commune d'arrondissement de la capitale Dakar. Il découvre notre ville en 2011, à l'occasion du tournoi international Jeunes de football de l'Étoile sportive fosséenne : l'équipe d'Hann Bel-Air y est invitée et il en est l'un des éducateurs. Vient alors d'être créée l'association Fos Hann Bel-Air partage, qui a mis en place un comité de jumelage qui verra finalement ses efforts couronnés en 2013, lorsque les deux villes seront officiellement unies.

Binjamin sympathise instantanément avec les membres de l'association, dont certains sont aussi dirigeants de l'ES Fos, comme l'actuel président, Alain Claessen, ou son prédécessur, Ousmane Seck. Il adhère à Fos Hann Bel-Air partage et en devient vite un élément moteur : « On dit souvent que Binjamin, c'est le jumelage à lui tout seul ! », apprécie Alain Claessen, rendant hommage à son rôle éminent au sein de la structure. « Depuis des années, il est omniprésent dans toutes les manifestations, tant à Fos qu’à Hann Bel-Air où il réside, et il participe activement à tous les chantiers solidaires que nous menons là-bas, précide le président. Pour ˮl'équipe de fousˮ, ainsi que nous nous surnommons, c’est un fils, un frère, un ami sur qui on peut compter, un exemple à suivre. »

 

Loin de chez lui, il fabrique des masques pour les Fosséens

 

 Depuis deux ans, ses nombreux séjours à Fos, toujours suivis d'un retour au Sénégal dans les délais légaux, lui ont valu la confiance des autorités et un « visa de circulation », qui lui permet de venir en France aussi souvent qu'il le souhaite, ce dont il ne se prive pas. L'été dernier, il était ainsi présent à La Farigoule, pour animer un atelier de confection de sacs solidaires avec les seniors. Et à la veille du confinement, il était de nouveau à Fos, pour travailler sur les différents projets de l'association, dont le prochain chantier solidaire, la réhabilitation de la Maison des pêcheurs d'Hann Bel-Air. Il eût fallu rentrer au Sénégal dare-dare, pour éviter d'être bloqué ici. Las, l'avion qui devait le ramener à Dakar comprenait une escale au Portugal, mais Lisbonne décide de fermer ses frontières à cause de la pandémie de Covid-19 : vol annulé. 

Alors qu'il se démène pour trouver un autre avion, les autorités sénégalaises ordonnent la fermeture de l'aéroport. C'est donc à Fos que Binjamin est confiné, hébergé chez Ousmane Seck, loin de sa maman et ses frères et sœurs avec qui il vit à Hann Bel-Air. Qu'à cela ne tienne ! Lorsque la Ville lance l'opération « 17 000 masques pour demain », l'association s'y engage aussitôt et Binjamin fait partie de ses membres qui piquent et cousent. Conclusion d'Alain Claessen : « Le petit sénégalais confiné à Fos qui fabrique des masques pour protéger les Fosséens, c'est une belle histoire, non ? ».