Corinne Ramombordes, après 15 ans au sein de l’entreprise Solamat Merex, en a été nommée directrice générale déléguée en 2015, dirigeant 110 personnes sur les sites de Rognac et Fos-sur-Mer, dans la filière valorisation et traitement des déchets industriels dangereux. « Solamat a un peu créé ce métier en 1972, trois ans avant la loi sur les déchets », explique-t-elle.

Précurseur au niveau environnemental, sa société l’est toujours : « De nouvelles normes européennes vont être applicables en 2023, avec lesquelles nous sommes déjà en conformité », annonce-t-elle. Le lien vers l’association Piicto (Plateforme industrielle et d'innovation de Caban Tonkin) est tracé : celle-ci vise à « pérenniser l’activité et être plus attractifs en travaillant sur l’écologie industrielle et l’économie circulaire », résume Corinne Ramombordes, qui en a été élue présidente en novembre 2019.

« J’ai voulu prendre la présidence parce que l’on espère pour le cap 2025 réconcilier l’industrie avec l’environnement. Nous devons atteindre l’excellence environnementale, pas du jour au lendemain, mais oeuvrer vers cela. ».

LA FEMME, SA PROPRE ENNEMIE

 

Selon elle, cette fibre environnementale qu’elle revendique a-t-elle un rapport avec son sexe ? « On me pose toujours la question de ce que ça apporte d’être une femme. Ça me gêne un peu, déjà parce que je me vois mal répondre pour toutes les femmes ! Je n’ai pas la prétention d’être un exemple... Mais je dirais pourquoi, peut-être, les femmes sont un peu plus sensibles à l’environnement : nous voulons être utiles, faire quelque chose qui ait un sens. Je pense qu’on est un peu moins que certains hommes dans l’intérêt individuel, l’ambition personnelle. »

Dans son parcours, a-t-elle eu l’impression de devoir davantage prouver qu’un homme ? « Quand j’ai commencé ma vie professionnelle, les femmes ingénieures chimistes [sa formation, Ndlr], on les mettait plutôt dans les laboratoires, pas vraiment dans l’exploitation. Ça ne se faisait pas. On a eu tendance à canaliser les femmes vers certaines fonctions, pas vers d’autres. Donc, de ce côté-là, ça a été un peu plus difficile.

Je ne sais pas s’il faut prouver plus… Mais je pense que ceux qui ont du courage, ce sont ceux qui m’ont nommée. Parce que ce n’est pas évident de prendre une femme alors que ça a toujours été des hommes. Après, c’est peut-être plus long : j’aurais été un homme, on me l’aurait peut-être proposé avant. » Que conseillerait-elle aux jeunes filles qui veulent s’orienter vers l’industrie ? « De croire en elles. Souvent, en tant que femmes, nous sommes notre propre ennemie. On se dit "non, ce n’est pas pour moi, je ne serai pas capable". Or il n’y a pas de différence entre hommes et femmes au niveau du cerveau, pas de raison que des métiers ou des branches soient interdits aux femmes. L’industrie, contrairement à une époque, ce n’est plus Germinal, on n’a plus besoin de soulever des poids, il n’y a plus de différence physique qui entre en jeu. Si, véritablement, elles ont les compétences, la volonté, elles doivent y arriver. Rien n’est impossible. »