Par un courrier en date du 24 janvier 2018, René Raimondi, maire de Fos-sur-Mer, demande expressément à Bernard Dehut, directeur d’ArcelorMittal, de réunir une Clié (Commission locale d’information et d’échanges) en urgence, en présence des services de l’État et des associations locales de protection de l’environnement.

Cette demande fait suite à la diffusion d’un rapport relatif à la société ArcelorMittal présenté en Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires (Coderst), le 24 janvier 2018. Celui-ci établit que, depuis les incidents survenus sur les chaudières du site d’ArcelorMittal en 2016, l’installation industrielle enregistre fréquemment des dépassements importants de rejet de benzène, un polluant cancérigène.

Dans son courrier à Bernard Dehut, René Raimondi se dit « scandalisé » par le silence de l’industriel. En effet, « cela fait donc presque deux ans que vous ne respectez pas les valeurs limites de rejet imposées par la réglementation sans que, ni les élus de la ville, ni les associations locales de protection de l’environnement, ni la population n’en soient informés malgré le risque sanitaire qui en découle ». René Raimondi se déclare « extrêmement inquiet », sur le fait qu’ArcelorMittal « continue à fonctionner dans des conditions pareilles sans prendre de mesures radicales ».

La visite d’inspection du 12 juillet 2017 a relevé une situation des plus alarmantes :

  •         Des dépassements mensuels depuis juillet 2016 des valeurs limites de rejets en concentration et en flux horaire pour le paramètre NOx au niveau de la batterie fours à coke n°3 de la cokerie ;
  •          Des dépassements des valeurs limites de rejets en concentration et en flux horaire pour le paramètre poussières (TSP) au niveau des installations du refroidisseur, des locaux et de la cuisson de l’agglomération ;
  •          Des dépassements des valeurs limites de rejets en concentration et en flux horaire pour le paramètre poussières (TSP) au niveau de la bascule des hauts-fourneaux ;
  •         Des dépassements des valeurs limites de rejets en concentration et en flux horaire pour les paramètres Benzène et COV au niveau des batteries fours à coke n°1, 2 et 3 de la cokerie supérieure à 1% depuis janvier 2017.

En conséquence, René Raimondi demande expressément au directeur d’ArcelorMittal, « d’une part, de prendre sans délai toutes les mesures nécessaires au respect des valeurs imposées sur les rejets par la réglementation et d’autre part, de réunir une Clié en urgence, en présence des services de l’État et des associations ».