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Vingt-quatre heures après les départs de feux sur la zone industrialo-portuaire, des fumées barrent toujours l’horizon de Fos-sur-Mer : au terminal minéralier se consume encore un stock de copeaux de bois destiné à la centrale de Gardanne. Si un épais panache se dégage, cet incendie est circonscrit par les pompiers. Du côté des Bannes, des fumerolles s’élèvent dans un paysage lunaire, aux silhouettes d’arbustes tordus par le feu parmi lesquelles s’échappent quelquefois la blancheur d’un roseau miraculeusement épargné. 

Toute la zone est sous contrôle et toujours sous surveillance afin d’éviter toute reprise de feu. Ainsi, ce jeudi matin, un équipage de la caserne de Fos-sur-Mer est intervenu sur un marais en feu, le long de la voie de chemin de fer, à proximité du Mas des Bannes. L’appel téléphonique d’un membre de la société de chasse, surveillant l’état des miradors dédiés à la chasse aux sangliers, les avait alertés. Ils ont rapidement maîtrisé la situation qui ne présentait pas de danger.

Au total, ce sont 800 hectares de la zone industrialo-portuaire qui sont partis en fumée en quelques heures, ce triste mercredi 10 août 2016.
Attisés par un vent violent de 90 km/h en moyenne, trois départs de feux – signalés vers 12h30 - ont créé quatre foyers contre lesquels ont longuement lutté les sapeurs-pompiers, appuyés dans les premiers temps par des moyens aériens. Les industriels menacés ont aussitôt déclenché leurs plans d’opérations internes (POI), protégeant leurs personnels et engageant leurs propres forces de secours. Les routes nationales 568 et 569 ont été barrées, les forces de l’ordre des commissariats de Martigues et Istres intervenant auprès de la police municipale de Fos-sur-Mer pour contrôler la circulation.

Depuis le poste de commandement installé au rond-point de la Fossette, le directeur du Sdis 13, le colonel Grégory Allione, dirigeait les interventions des 200 pompiers et 60 véhicules engagés. Le sous-préfet d’Istres, Jean-Marc Sénateur, et le maire de Fos-sur-Mer, René Raimondi, étaient présents sur site, afin d’être informés en temps réel de la situation. Pendant le même temps, une cellule de crise était ouverte au sein de l’hôtel de ville de Fos-sur-Mer.
Malgré la virulence du feu et l’ampleur des fumées qui obscurcissaient le ciel fosséen, pouvant inquiéter les riverains, l’ensemble des forces de secours a pris rapidement le contrôle de cet incendie, qualifié dans le jargon des pompiers de « feu de broussailles ».  Aucun enjeu majeur n’a été déclaré et, à aucun moment, les populations n’ont été directement menacées. Certaines entreprises, comme SPSE, Ikéa ou ArcelorMittal, ont été exposées mais, grâce aux moyens mis en œuvre, elles ont évacué leurs personnels et protégé leurs installations.
Seul ArcelorMittal, vingt-quatre heures après, doit faire face à plusieurs foyers encore actifs et reste très mobilisé. Les installations de production n’ont pas été touchées, mais la marche de l’usine est ralentie : un seul haut-fourneau sur les deux fonctionne et la cokerie tourne également. Les autres installations devraient redémarrer progressivement dès que les conditions seront réunies.

A la demande de René Raimondi, la Réserve communale de sécurité civile (ex-Comité communal feux de forêt) a apporté un soutien logistique aux combattants du feu, leur assurant le ravitaillement en vivres et eau. Le maire de Fos-sur-Mer rend hommage au « travail formidable » accompli par les pompiers, « qui ont combattu le feu toute la nuit », et au courage dont ils ont fait preuve sur le terrain. Mais il s’interroge sur les causes de ces départs de feu. Leur simultanéité est suspecte. Les premiers résultats de l’enquête sont attendus avec impatience par l’édile.