La délibération du conseil municipal date du 13 juin 1989 : « Considérant que la mission du Comité communal feux de forêts est d’apporter son concours en matière d’information et de sensibilisation du public, de débroussaillement, d’équipement du terrain, de surveillance et d’alerte, d’assistance et de secours contre les incendies de forêts (en appui de l’action des sapeurs-pompiers et des services forestiers), après en avoir délibéré, à l’unanimité, approuve la création d’un Comité communal feux de forêts de la ville de Fos-sur-Mer. »

Ainsi le CCFF a-t-il été porté sur les fonts baptismaux, il y a 30 ans cette année. Le maire d’alors, récemment disparu, était Claude Rossi. Depuis, dès le 1er juin chaque année, commencent les patrouilles, notamment dans la colline, que ce soit à cheval, en VTT ou en 4X4 - les « hommes en orange » sont équipés d’un pick-up et de trois véhicules tout-terrain porteurs d’eau, dont un 4X4 acquis en 2017, équipé entre autres d’une cuve de 500 l, d’une motopompe, de trois tuyaux de 5 m, 20 m et 40 m, d’un haut-parleur et de deux extincteurs à poudre. Une radio assure la liaison directe avec la police municipale.

 

DES COMPÉTENCES ÉLARGIES

En juillet 2016, le CCFF se transforme en Réserve communale de sécurité civile (RCSC), afin d’élargir ses compétences et domaines d’intervention. En effet, le Comité communal feux de forêts, comme son nom l’indique, n’a qu’une seule et unique mission : la prévention et la lutte contre les incendies en zones naturelles.

Au contraire, la RCSC peut intervenir sur l’ensemble des risques majeurs, d’origine industrielle ou naturelle. Elle est du reste rattachée au service Risques majeurs de la Ville. Concrètement, cette Réserve vient en appui des services concourant à la sécurité civile (pompiers, police…).

Son intervention peut ainsi concerner le guidage des secours, la mise en place d’un périmètre de sécurité avec la police municipale, la participation au soutien et à l’assistance de personnes sinistrées, l’information et l’alerte de la population, sa sensibilisation, ainsi que la participation aux interventions techniques pour résorber la cause des risques, tels que le pompage d’eau, le déneigement, etc. La RCSC, présidée par le maire, est entièrement composée de bénévoles, au nombre de 47, placés sous la responsabilité de Marcel Mira, déjà responsable du CCFF durant plus de 20 ans.

« Nous sommes complémentaires des pompiers et de la police, explique-t-il. Nous nous mettons à leur disposition afin de sécuriser la population menacée par tout type de risques, naturels comme technologiques. » Marcel Mira a fait partie de la vingtaine de premiers bénévoles du CCFF, au sein duquel étaient majoritaires chasseurs et randonneurs. Il s’y est personnellement engagé « parce que j’étais – et je suis toujours – amoureux de la nature et, en particulier, de notre colline, qui est le poumon vert de Fos ». Pour célébrer les 30 ans de la création du CCFF, Marcel Mira ouvre la boîte aux souvenirs de cette brigade de sentinelles de l’environnement.

 

DES DÉBUTS TIMIDES

Le premier responsable du CCFF se nomme Claude Miramand. Au début, cette nouvelle structure ne dispose que de peu de moyens : « Il fallait que nous fassions nos preuves », explique Marcel Mira. Exemples de ce relatif dénuement ? « Nous avons commencé à patrouiller à pieds, avec juste un talkie-walkie, se souvient-il. Comme tenue, nous avions simplement un tee-shirt et une casquette. Les fameuses combinaisons oranges sont arrivées au bout de quelques mois. Notre premier véhicule, un petit 4X4 qui n’était pas porteur d’eau, nous fut offert par les pompiers d’Istres – il n’existait pas encore de centre de secours à Fos. Il n’y avait pas non plus de barrières en colline, c’était un vrai dépotoir ! » Le responsable de la RCSC fait la liste des véhicules, aujourd’hui insolites, dont a disposé le CCFF : « Nous avons patrouillé avec une 404 Peugeot, puis dans un pick-up bâché, puis en 4L… C’est en mai 1998 que nous avons reçu notre premier porteur d’eau ; en juillet fut mis à notre disposition un pick-up que nous avons toujours ! Notre deuxième porteur date de 2004 – celui-là aussi, nous l’avons toujours - et le dernier de 2017. »